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Sandrine, 20 ans sous emprise — comprendre, survivre, se reconstruire

  • Photo du rédacteur: Elena
    Elena
  • 20 oct. 2025
  • 3 min de lecture


Fresh mama : Bonjour Sandrine, merci de nous accorder cette interview. Vingt ans sous l’emprise d’un pervers narcissique, c’est une vie entière. Comment cette relation a-t-elle commencé ?


Sandrine : Comme un rêve. Il était charmant, brillant, attentionné. Il me regardait comme si j’étais la seule femme au monde. Je venais de sortir d’une période difficile, et il m’a fait sentir spéciale, indispensable. Très vite, il s’est installé dans ma vie, dans mon quotidien, dans ma tête. Je croyais avoir trouvé l’amour, mais j’étais déjà piégée.


Fresh mama : Quand avez-vous commencé à percevoir les signes de manipulation ?


Sandrine : Au début, c’était subtil. Des petites remarques déguisées en conseils : “Tu devrais t’habiller autrement”, “Tes amis ne t’apportent rien”. Puis c’est devenu plus insidieux. Il critiquait mes proches, me faisait culpabiliser si je passais du temps sans lui. Il alternait les phases de tendresse et de rejet. Je vivais dans un ascenseur émotionnel permanent.


Fresh mama : Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est cet ascenseur émotionnel ?


Sandrine : C’est une stratégie de contrôle. Il me faisait vivre des montagnes russes affectives. Un jour, il était adorable, me couvrait de compliments, me faisait des promesses. Le lendemain, il m’ignorait, me rabaissait, me faisait sentir que je ne valais rien. Et moi, je m’accrochais aux bons moments, espérant qu’ils reviennent. C’est une forme de dépendance affective très puissante.


Fresh mama: Quelles formes ont pris les violences psychologiques ?


Sandrine : Elles étaient constantes. Il me faisait douter de ma mémoire, de mes émotions, de ma perception du réel. Il me disait que j’étais folle, que je déformais les faits. Il utilisait mes failles pour me dominer. Il me faisait culpabiliser pour ses propres erreurs. Il me disait que personne ne m’aimerait jamais, que j’étais chanceuse de l’avoir. J’ai fini par le croire. J’ai perdu confiance en moi, j’ai arrêté de travailler, je me suis isolée. Même mes enfants ont ressenti cette tension permanente.


Fresh mama : Pourquoi est-il si difficile de partir ?


Sandrine : Parce qu’on est brisée. Il m’a fait croire que je ne pouvais pas vivre sans lui. Il m’a isolée, m’a fait douter de mes capacités, de ma valeur. Et puis il y a la peur : peur de sa réaction, peur de l’inconnu, peur de ne pas être crue. Chaque fois que je voulais partir, il revenait avec des excuses, des larmes, des promesses. Et je retombais dans le piège. Il savait exactement comment me retenir.


Fresh mama : Qu’est-ce qui vous a poussée à vouloir vous en sortir ?


Sandrine : Un jour, ma fille m’a regardée et m’a dit : “Maman, tu n’es plus toi.” Ça m’a bouleversée. J’ai compris que je devais me battre, pas seulement pour moi, mais pour mes enfants. J’ai commencé à lire, à consulter une psychologue, à parler à des femmes qui vivaient la même chose. J’ai repris petit à petit le contrôle de ma vie. Ce n’est pas un chemin facile, mais chaque pas compte.


Fresh mama : Comment avez-vous commencé à reconstruire l’amour de vous-même ?


Sandrine : J’ai dû réapprendre à me regarder sans honte. J’ai commencé une thérapie, j’ai repris des activités qui me faisaient du bien. J’ai compris que je n’étais pas responsable de sa violence. J’ai commencé à me parler avec douceur, à me féliciter pour chaque petit pas. L’amour de soi, c’est comme une plante qu’on arrose chaque jour. Et parfois, il faut arracher les mauvaises herbes pour qu’elle pousse.


Fresh mama : Pensez-vous qu’un pervers narcissique peut changer ?


Sandrine : Non. Il peut faire semblant, manipuler encore, mais le changement profond demande une conscience de ses actes et une volonté de se remettre en question. Et ça, un pervers narcissique ne l’a pas. Il ne voit pas le mal qu’il fait. Il se nourrit de domination. Le vrai changement, c’est nous qui devons le faire : en partant, en nous reconstruisant, en nous protégeant.


Fresh mama : Quel message souhaitez-vous transmettre à celles et ceux qui vivent une relation toxique ?


Sandrine : Vous n’êtes pas fous. Vous n’êtes pas faibles. Vous êtes sous emprise, et ça peut arriver à n’importe qui. Parlez, demandez de l’aide, informez-vous. Il existe des associations, des thérapeutes, des groupes de parole. Et surtout, n’oubliez jamais : vous méritez le respect, l’amour, et la paix. Le chemin est difficile, mais il existe. Et chaque pas vers vous-même est une victoire.


Est ce un pervers narcissique?

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